Nous pourrions dire qu’une transaction financière consiste à troquer un bien, un service ou une information qui a une valeur monétaire contre un autre bien, service ou information de même nature ou contre son équivalent en monnaie. Ainsi si nous ramenions à une journée toutes les transactions financières de 2002 dans le monde :
- De minuit à 00 :40 nous aurions vendu tout ce dont notre appareil de production était capable de produire sur la base d’une demande solvable.
- De 00 :40 à 01 :28 nous aurions financé toute cette activité économique (actions & obligations)
- De 01: 28 à 09 :28 nous aurions passé notre temps à échanger des devises dont 10 minutes pour des raisons de commerce international
- A partir de 09 :28 et ce jusqu’à minuit, nous aurions passé notre temps à nous couvrir ou à parier sur la hausse ou à la baisse des prix de tout ce qui peut avoir une valeur monétaire…
Peut être pourrions nous relire ce paragraphe une deuxième fois, voire prendre une boite de sucre, prélever deux sucres ( transactions économiques & financières) et avec les 22 autres (Trasactions speculatives sur couverture de risques) faire un mur pour prendre conscience de l’impasse dans laquelle nous sommes arrivés aujourd’hui.
Je pense que les acteurs des lumières devaient constater la même aberration face aux privilèges de ceux qui à l’époque avait désolidarisé la notion de distinctions sociales et d’utilité commune et donc rompu le contrat de la liberté d’avec l’égalité. Revenons à notre article 1er des droits de l’homme de 1789 :
« Les hommes naissent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Le revenu d’existence doit donc être un moyen donné à tous les citoyens de distinguer socialement ceux qui ont une réelle « utilité commune »
Pour ce faire, nous devons donc à nouveau nourrir le concept d’utilité commune avec les faits qui aujourd’hui le constituent. Les concepts de développement durable, de produit intérieur doux et d’index de développement humain sont des pistes sérieuses d’études pour cette refondation.
Le principe de financement le plus crédible est celui développé par Yoland BRESSON. L’idée est d’opérer progressivement un transfert de toutes nos allocations et minima sociaux sur un unique revenu versé inconditionnellement de la naissance au tombeau. L’équivalent en monnaie serait ensuite créé par notre système bancaire puis versé chaque mois sous forme d’un dividende sur un compte bancaire spécial lié à cet effet. Un intérêt très faible serait versé au système bancaire pour les frais inhérent à sa gestion. Enfin, Le montant de ce revenu serait déduit des coûts salariaux des entreprises et du salaire net des salariés. En 5 ans nous pourrions progressivement allez jusqu’à une rente de 300 euros / mois à tous les citoyens francais y compris les enfants pour un cout equivalent à moins de 4% du PIB. Pour prolonger la proposition de Yoland Bresson, nous pourrions envisager de nantir le revenu d’existence sur l’équivalence en monnaie de la capacité réelle de production de la nation divisée par le nombre d’habitants. En effet, l’inflation apparaît quand la masse monétaire est supèrieure à la production réelle, hors notre problème aujorud’hui est bien de « vider » les magasins pas de les « remplir ». La seule limite serait donc une production et une consommation respectant les hommes et la nature : Paix sociale et développement durable !
Un problème important demeure : comment faire en sorte que ce revenu ainsi créé serve l’utilité commune et donc distingue socialement et prioritairement ceux qui en produisent les biens, les services et l’information ? En effet, au regard du mur de l’argent que nous avons vu tout à l’heure, tout injection de monnaie supplémentaire sera capturée par l’épargne et se retrouvera sur les marchés financiers au détriment de son utilisation dans l’économie réelle et dans son financement.
Plusieurs pistes sont à l’étude dont deux semblent extrêmement prometteuses. Leur intérêt est qu’elles partent d’expérimentations locales et donc se confrontent dès leur naissance avec le réel qu’elles auront à transformer afin d’éviter toute théorie globalisante. Il s’agit des concepts de monnaies complémentaires et de performance globale.
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