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Le revenu d'existence
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5. "UN REVENU D EXISTENCE EN MONNAIE COMPLEMENTAIRE"

La monnaie complémentaire est un concept qui s’appuie sur l’idée de monnaie fondante d’un économiste allemand Silvio Gesell dont Keynes a dit « L’avenir aura plus à tirer de la pensée de Gesell que de la pensée de Marx ». Des experiences ont eu lieu en Autriche, en Allemagne et même en France dans les années 50 ( Lignères en autres)

 

L’idée de Gesell est de poursuivre celle de  Proudhon sur le fait de rendre à la monnaie sa véritable place, c’est à dire celle d’une monnaie-marchandise, symbole d’un bien, d’un  service ou d’une information que je peux acheter sur le marché. Créance (dette) sur l’économie,  elle peut servir d’unité de compte pour échanger les dites marchandises car elle-même est gagée sur son équivalent en marchandises. Pour cela, Gesell a l’idée de taxer son stockage (sa non utilisation comme un moyen d’échange ou comme financement de l’économie). En fait, elle perd de sa valeur tous les mois sur une base de 6% par an (à part éventuellement dans le capital d’une entreprise). Ainsi, elle est dépensée en premier avant la monnaie nationale et ne peut donc servir à la thésaurisation. Le but poursuivi est que pour s’enrichir avec de la monnaie,  il faut qu’il y est production d’un supplément de richesse réelle. Dans le cas contraire, elle perd sa valeur comme du maîs qui, s’il n’est pas mangé ou transformé, pourri dans son silo.

 

Reprenant cette idée, le projet européen SOL conduit par Patrick Viveret, expérimente une monnaie numérique complémentaire dans trois régions du nord de la France. Cette monnaie s’acquièrt à parité avec l’Euro et « perd» de la valeur tous les mois (ces « pertes » étant réinvesties par l’association pilote dans des projets écologiques ou sociaux). Le Sol ne peut être dépensé que dans des associations et des entreprises ayant signé  une charte environnementale et sociale favorisant ainsi l’enrichissement d’entrepreneurs aux services des hommes tout en favorisant  le pouvoir d’achat des habitants du territoire puisqu’il est possible à des collectivités et des entreprises locales de « charger » la carte de leur employés ou de leur administrés en SOL. Le SOL peut être changé à tout moment à parité contre des euros, permettant à chacun de faire ensuite un choix en fonction de ses priorités et de ses besoins fondamentaux.

Ainsi, il pourrait être possible de verser le revenu d’existence en monnaie complémentaire ce qui permettrait d’encadrer le champ de sa circulation au profit d’acteurs respectant les hommes et la nature et donc visant l’utilité commune. 

 

Mais ce n’est pas tout, les collectivités  territoriales pourraient aussi accepter une part de leur impôts et taxes en monnaie complémentaire incitant ainsi les entreprises locales et transnationales à accepter dans leurs établissements locaux  cette monnaie complémentaire ne serait-ce que pour payer  leurs taxes locales. Sachant que c’est la circulation de la monnaie qui fait la création de la richesse, cette monnaie circulant beaucoups plus vite, puisque non thésaurisable, permetraient la production de plus de richesses.

 

Enfin, et ce n’est pas rien, toutes les associations reconnues d’utilités communes pourraient aussi « charger » la carte de leur bénévoles en SOL « cooperation » au regard du temps passé par eux  au service de l’intérêt général. Ce serait une façon de rendre compte d’un nouvel indicateur qui n’est pas pris en compte dans le P.I.B.  : la formidable richesse de ceux qui se dévouent sans rémunération au bien commun. Lipietz Economiste et député européen,  estime que, si l’on monétisait cette économie du tiers secteur, elle représenterait l’équivalent en richesse des secteurs privés et publics réunis.

 

En effet, Le paradoxe de nos indicateurs économiques actuels et que, si l’on détruisait  la totalité des forêts françaises pour ne vendre qu’une stère de bois le PIB s’élèverait du montant de sa vente .Inversement, les bénévoles qui vont passer leur week-end  à ramasser le pétrole échoué sur nos belles plages bretonnes ou ceux qui vont le soir lire un roman à cette vieille dame dont les yeux ne voient plus la lumière …eux le fond baisser puisqu’ils ne se font pas payer ! 

 

Nous disions en début d’article avec Edgard Morin « on voit PLUS avec le cerveau qu’avec nos yeux » …. Ne pourrait-on pas modifier nos indicateurs pour qu’ils puissent nous aider à orienter convenablement le flux de monnaie complémentaire  que générerait le Revenu d’existence vers ceux qui produiraient l'utilité commune dont nous avons temps besoin ? Reste à identifier les entreprises d’ « utilité commune » ?

 

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